samedi 9 mars 2013

Amour (A la merveille)



-          Il s’est passé quoi hier à Toulouse, pendant la projection ? La France venait de remporter la Coupe du Monde de football ?
-          Euh… En fait, tu te demandes pourquoi des spectateurs n’arrêtaient pas de quitter la salle, c’est ça ? Je n’en sais rien. Sûrement que le film ne leur plaisait pas.
-          Je ne comprendrai jamais ce geste de dépit. Pourtant, ces spectateurs assistaient au plus grand événement cinématographique de l’année 2013 !
-          Tu n’as pas peur des grands mots, toi ! Moi, j’aurais plutôt cité les sorties de « GI Joe 2 », « Iron man 3 », « Evil dead 4 », « Die hard 5 » ou « Fast and furious 6 »…
-          Laisse-moi m’expliquer : 5, 20, 7, 6 et 2 sont les années séparant les sorties des six films réalisés à ce jour par Terrence Malick, le plus secret des cinéastes, et jusqu’à cette année un des plus lents. 2 ! Il n’aura donc fallu attendre que deux ans pour voir le nouveau film de ce réalisateur, après sa Palme d’or en 2011 pour « The tree of life » ! Quoi que tu en dises, la sortie de « A la merveille » est donc bien un événement, d’autant plus extraordinaire qu’on ignore quelles raisons motivent Terrence Malick à réaliser aussi vite* un nouveau film - celui-ci refusant tout contact médiatique.
-          Et ce n’est pas fini ! Le réalisateur est en train d’en tourner deux autres ! Après des années de recherche, a-t-il enfin trouvé avec son directeur de la photographie, le mexicain Emmanuel Lubezki, une méthode de travail qui lui convenait ? On ne peut que supputer.
-          Toujours est-il qu’on ne lui reprochera pas d’avoir accéléré ainsi son rythme de travail ! « A la merveille » prouve une nouvelle fois encore que Terrence Malick est le plus grand filmeur contemporain. Après l’apothéose de « The tree of life », Malick livre un film moins ambitieux…
-          Moins ambitieux, non. Je dirai plutôt : moins cosmique…
-          … qui traite de l’amour. Mais quel que soit le sujet du cinéaste, ce qui frappe avant tout est le style unique du cinéaste, qui s’est forgé à chaque long-métrage, transformant la projection de chacun de ses films en une suite ininterrompue d’émerveillements.
-          Ou de profond ennui – en fait, je n’en sais rien, je n’arrive pas à me mettre à la place des spectateurs quittant la salle devant un film de Malick. Les incessants mouvements de caméra, l’absence de dialogue et la voix-off mystérieuse doivent sûrement déstabiliser les spectateurs qui ne se sont déplacés que sur la foi du casting (Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem, Rachel McAdams pour ce film-ci)…
-          C’est qu’un film de Malick n’est comparable à aucune autre expérience de cinéma ! On ressort de la salle avec un léger tournis, encore porté par le mouvement de ces images extraordinaires, captant sans relâche des gestes ou la lumière du soleil.
-          Le réalisateur semble être en quête d’une forme cinématographique ultime, complètement détachée de toute théâtralité. Un projet passionnant dont on a hâte de voir les nouveaux développements, et qu’il faut voir pour comprendre !

On retiendra…
Le style Malick : une caméra toujours en mouvement saisissant des gestes, accompagné d’une musique majestueuse et d’une voix off plus ou moins énigmatique. Une mise en scène développée pour la première fois en France, puisqu’une partie du film y a été tourné (dont le Mont-Saint-Michel). 

On oubliera…
Même Terrence Malick n’a pas réussi à rendre convaincant Ben Affleck en acteur.

*A noter :
Cette affirmation est à nuancer. La chronologie des sorties ne suit pas celle des tournages : « A la merveille a été tournée fin 2010. Le montage a ensuite épuisé cinq (!) monteurs pendant deux ans.

« A la merveille » de Terrence Malick, avec Olga Kurylenko, Ben Affleck, Rachel McAdams, Javier Bardem,…

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